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Verlaine au cœur

Me déchirent les sanglots longs, quand ne sont plus
Fêtes ni bals ni les pianos ni des violons
Pour me désendeuiller de l'automne, selon
Leurs apparats qui bercent l’ennui absolu.
- Autant de flèches en mon cœur enracinées,
Le sclérosant d'une langueur abandonnée
À son intime et monotone bruit de fond.

Parfois le jour tout suffocant me laisse à nu,
Parfois l'aube sereine et blême diminue
Mon incurie molle quand sonne midi cru,
Car il est l'heure de l'affairement accru.
Quelque autre fois je me souviens du temps d'alors
Rutilant des fastes des jours et de leurs ors...
Mais ce sont lustres très anciens aujourd'hui morts
Et je soupire et je pleure aux rives du sort.

Et je m'éloigne et je m'en vais toujours ailleurs
Caprice au vent de mes passions et mes douleurs
Suivant l'élan bon ou mauvais qui me soulève
Et qui m'emporte vers d'indéchiffrables rêves...
- Pauvre âme errant deçà delà en étrangère,
Ton destin serait-il pareil à la matière,
Comparable, à la feuille non, mais à la pierre
Inerte et morte et glacée pour la fin des ères ?

 

... C’est-à-dire : Verlaine au cœur... du poème !

Voyez-vous pourquoi ?

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