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Hommage à Marina Tsvétaïéva
Soirée du 28 novembre 2005

Par Annie Pasternak

J'ai croisé l'existence de Marina Tsvétaïéva à l'occasion de mes recherches sur Boris Pasternak, et j'ai découvert ainsi deux grands poètes russes qui étaient contemporains et s'appréciaient beaucoup mutuellement :
« Tu es pleine de talent, géniale (lui écrit Boris Pasternak en mars 1926) on le dira un jour à ton sujet ou bien on ne le dira pas. Peu importe (...). L'important c'est que tu construis un monde que vient couronner l'énigme du génie ».

En France, alors qu'elle y a vécu de 1925 à 1939, Marina Tsvétaïéva est restée longtemps inconnue, à part quelques poèmes traduits par Elsa Triolet publiés en 1968. Sa fille aînée, Ariadna, a beaucoup contribué à la connaissance et la reconnaissance des talents de Marina Tsvétaïéva, et peu avant sa mort en 1975, elle a décidé de confier tout ce qui concernait sa mère aux archives de l'URSS, avec l'interdiction de consulter les documents personnels avant l'an 2000.

C'est ainsi qu'à partir des années 1980, c'est une véritable explosion Marina Tsvétaïéva : nombreux écrits érudits ou romancés, colloques, spectacles, publications de plusieurs biographies, essais, nombreuses traductions de poèmes et de proses qui progressivement mettent en lumière, sans forcément les élucider, les mystères d'une vie, quantité d'écrits dans lesquels j'ai bien cru me perdre !

Comme beaucoup, j'ai eu l'éblouissement et j'ai été littéralement fascinée, bouleversée, à la fois par la femme et par son œuvre, qui est comme un vaste autoportrait construit tout au long d'une vie passionnée et tragique.

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